En 1996, j'ai posé ma plume et mon piano dans un coin de paradis breton. Yanavalon est le nom de ma maison, fidèlement gardée par quarante pommiers et un bouvier bernois. Le chat, lui, ronronne dans un fauteuil ou chasse le mulot. Mes fils prétendent que je suis une écrivaine bouseuse, mais je prends cela comme un compliment.
Je suis née à Quimper, sur le bord de l'Odet, juste avant la seconde guerre mondiale. Mon père est parti pour le front et ma mère, ma soeur et moi, sommes allées habiter à l'autre bout de la ville chez mes grands-parents paternels, de sorte que ma petite enfance a été bercée par le vrombissement des avions, le piano de ma grand-mère et les histoires que me lisait et relisait une vieille tante intarissable. C'est de là que me viennent certainement ma peur panique des avions de chasse, mon amour de la musique et ma passion pour la littérature.
J'ai écrit mon premier livre à 11 ans. C'était l'histoire de mon chien adoré, un infâme bâtard qui avait fait la guerre d'Indochine comme mascotte de la Légion Étrangère et qui était d'une intelligence stupéfiante. Ensuite, silence radio pendant quarante ans : j'étais happée par la vie. J'ai vécu un peu partout : Tunisie, Algérie, Angleterre, Allemagne ; je me suis mariée, j'ai eu des enfants, puis j'ai divorcé et j'ai gagné ma vie en montant tous les échelons du secrétariat.
À l'âge de cinquante ans, je me suis retrouvée au chômage. C'est alors que je me suis lancée dans l'écriture avec un roman policier Maths à mort (initialement : Dis-moi qui tu aimes - Aleas, 1990), inspiré par ma longue fréquentation du monde international, et pourtant clos, des mathématiciens et physiciens de très haut niveau.
Je me suis ensuite tournée vers les romans historiques, probablement parce qu'ils me permettent de voyager dans le temps et l'espace par le plus rapide et le moins cher des moyens de transport : l'écriture. C'est ainsi que sont nés : Au Diable les yeux verts (Aleas, 1992) qui met en scène le Quimper de la Belle Époque; puis L'Enfant d'outre-tombe (Aleas, 1994 - Prix Bretagne 1995), fiction historique autour de Chateaubriand qui m'a valu l'honneur d'être invitée comme écrivain résident à la Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry où je passe chaque année une quinzaine de jours de travail intensif et féerique. Ont suivi La Nuit est aussi lumière (Aleas, 2002), mi-roman mi-conte philosophique, puis Laennec, l'homme à l'oreille d'or (France-Empire, 2006), publié en partenariat avec la Fondation pour la Recherche Médicale.
En 2007, est paru chez Aleas un roman écrit avec les adolescents de l'hôpital psychiatrique Charcot (Lorient) sur l'univers de souffrance, et aussi d'espoir, qui est le leur : Je marche mieux quand ma main serre la tienne.
J'ai renoué avec la littérature jeunesse en publiant Marion du Faouët ou la révolte des gueux (Oskar Jeunesse, 2008) qui relate la vie aventureuse de Marion du Faouët ; puis L'Épée de Charlemagne (Oskar Jeunesse, 2009), roman épique se déroulant au IXe siècle ; L'Oreille d'or du Dr Laennec, une révolution dans la médecine (Oskar Jeunesse, 2010) qui a pour but d'expliquer aux jeunes le pourquoi et le comment de l'invention du stéthoscope ; et enfin Cartouche, roi de Paris (Oslo poche, 2011) sur la vie émouvante et mouvementée du célèbre brigand parisien.
(Mes précédents romans pour la jeunesse Chateaubriand et l'Enfant Mystérieux, Les Sept Épées du Moine, Le Poison de Morgane et Les Aventures de Marion du Faouët (prix Korrigan 1996), parus chez Liv'Editions, sont épuisés depuis plusieurs années).
Je suis sociétaire de la Société des Gens de Lettres et membre de l'Institut Culturel de Bretagne.